Finaliste prix Guy Bedouelle

Finaliste prix Guy Bedouelle

Pierre Humeau, membre du jury, nous parle de Laisse aller ton serviteur de Simon Berger, un des trois finalistes du prix Guy Bedouelle.

"Ce petit roman, presque une grande nouvelle, ne peut laisser indifférent , en terminant sa lecture, on ne sait plus si c’est l’écriture, l’histoire, ou le rêve qu’elle porte, qui nous submerge.

Ce livre est construit comme un film, écrit comme une pièce musicale et le sacré est présent à toute les pages, comme un film, avec des gros plans, des flash-back, des déambulations « caméra à l’épaule », des fondus-enchainés, des travellings panoramiques , et, en même temps, comme une pièce musicale, car, les mots et les phrases résonnent comme les notes d’une mélodie. Les mots se répètent et se complètent comme les notes et les groupes de notes qui reviennent en rengaine dans une oeuvre musicale , on finit par avoir l’impression de lire une partition. A la façon d’un musicien, et de Bach, lorsqu’il découvre la partition de Buxtehude, c’est tout un orchestre qui explose dans la tête du lecteur du roman de Simon Berger , les mots se suivent, se répètent, s’emmêlent …comme les instruments d’un orchestre qui joueraient tous ensemble une formidable tempête musicale, avec même le latin qui revient, au milieu du français , incongru, et pourtant tellement naturel, comme un hautbois au milieu des cuivres ….

Enfin, et peut être surtout, ce petit livre , c’est la quête du Graal ! Bach vit, à Arnstad, une petite vie dans une petite ville, il ne vit que par, et, pour la musique, et la musique religieuse, la musique de Dieu, la musique pour Dieu, quand il découvre une partition de Buxtehude… c’est une illumination, un dévoilement, une apocalypse ! Le Graal, la musique parfaite, existe ! Et son gardien est Buxtehude ! Bach ne peut résister , il prend la route de Lübeck pour rencontrer Buxtehude, le Maître ! Le voyage est un parcours initiatique qui transforme complètement le voyageur ! Bach découvre, en arrivant à Lübeck,  l’humble et simple Buxtehude, au cœur de sa musique , et Bach comprend , immédiatement, le mystère du Graal : Le Graal n’a aucune importance en lui-même, c’est ce qu’il contient qui est La Perfection ! La simplicité et l’humilité de Buxtehude lui permettent de créer et d’écrire une musique parfaite ! Dès lors, le destin de Bach est scellé, il sera le prochain gardien du Graal !

Pour découvrir cette aventure, il suffit d’ouvrir le petit livre de Simon Berger, « Laisse aller ton serviteur » se lit d’une seule traite et on en garde, pour toujours, de magnifiques émotions."