Finaliste prix Guy Bedouelle

Finaliste prix Guy Bedouelle

Colette Nys-Mazure nous parle de Consoler Schubert de Sandrine Willems, une des trois finalistes encore en lice pour le prix Guy Bedouelle.

"Aucun amour au monde ne peut tenir lieu de l’amour, cet aphorisme de Duras pourrait convenir aux personnages de ce roman qui conjugue subtilement la musique et l’écriture. Nombreux sont les écrivains aimant exploiter les failles des biographies d’artistes pour y déployer leur imaginaire, mais ici le défi se corse parce que l’auteure allie la vie d’une dentellière timide, éprise d’un bibliothécaire pianiste, à celle de Schubert. De même que Schubert semble accumuler les échecs, l’amoureuse découvre que son Clément ne trahira jamais son épouse paralysée.

Clément déplacé et Marie-Jeanne mariée semblent perdus l’un pour l’autre ; demeure la musique inaltérable. Aimer serait plus important que d’être aimé ? La fin du roman surprend car l’auteure à son tour allie son fil biographique à ceux de ses anti héros.

On salue la connaissance intime de la musique à laquelle l’auteure convie son lecteur, croisant les vies sans emmêler les fils. Une écriture comme un dentelle avec ses jours et ses pleins. La dimension mystique de la quête est évidente . Consoler Schubert, être consolé par lui, sachant avec Stig Dagerman que notre besoin de consolation est impossible à rassasier."